La consommation responsable est-elle morte ? L’ObSoCo et Citeo publient leur étude.
Dans un contexte où les préoccupations de pouvoir d'achat restent au cœur des arbitrages de consommation, les pratiques responsables peuvent perdre du terrain. C'est pourquoi la question se pose : "La consommation responsable est-elle morte ?". Réponse dans la 3e vague de l'Observatoire de la consommation responsable publiée par Citeo et L'ObSoCo.
Le discours s’essouffle, les pratiques résistent.
Premier enseignement, le discours ne passe plus : près d’un Français sur deux (46 %) se dit fatigué des discours sur la consommation responsable.
L’étude montre que les Français ne renoncent pas aux pratiques responsables, mais privilégient désormais des gestes concrets, utiles au quotidien et porteurs d’économies, à commencer par la lutte contre le gaspillage. Près d’un Français sur deux (46 %) se dit ainsi fatigué des discours sur la consommation responsable.
Le pouvoir d’achat au cœur des arbitrages
Dans un contexte marqué par les inquiétudes persistantes liées au pouvoir d’achat, les préoccupations environnementales n’ont pas disparu, mais elles ne suffisent plus à déclencher l’action. 39% des Français jugent leur contrainte budgétaire forte, et 23 % disent devoir se restreindre sur des dépenses nécessaires. Le prix, la qualité, la santé et la durée de vie des produits guident les choix, et l’environnement ne pèse dans la balance que s’il n’ajoute ni surcoût ni complication.
Ces arbitrages varient fortement selon les profils, les âges et les conditions de vie, ce qui invite à dépasser l’idée d’un « consommateur moyen ». L’étude met ainsi en évidence l’émergence d’une « consommation de conciliation », capable d’aligner bénéfices individuels et collectifs.
Un discours qui ne prend plus
Les consommateurs attendent désormais des solutions concrètes, compatibles avec leurs contraintes réelles et leurs arbitrages budgétaires. La note que les Français s’attribuent pour la prise en compte de l’impact environnemental dans leurs achats recule d’une vague à l’autre, de 6,7 sur 10 en 2020 à 6,3 en 2022, puis 5,9 fin 2025. Le discours reste compris, mais il est de plus en plus perçu comme culpabilisant ou éloigné du quotidien.
Les Français attendent aussi beaucoup des entreprises, qu’ils considèrent comme des acteurs indispensables de la transition, mais qu’ils appellent à s’engager davantage. 71 % estiment que c’est d’abord à elles d’enclencher le changement, et que celui-ci doit être profond. Or, seuls 23 % jugent qu’elles sont aujourd’hui suffisamment impliquées dans la transition vers une consommation plus responsable.
LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DE L’OBSERVATOIRE Le pouvoir d’achat, préoccupation n°1 34% des Français déclarent subir une forte contrainte budgétaire
Les consommateurs rejettent les injonctions46 % des Français se disent fatigués des discours sur la consommation responsable La prise en compte de l’environnement dans les achats passe de 6,7/10 en 2020 à 5,9/10 fin 2025
La lutte contre le gaspillage devient centrale86 % jugent efficace d’éviter le gaspillage
90 % trient leurs déchets au moins souventDes usages responsables sous conditions 61 % voient la consommation comme une nécessité plutôt qu’un plaisir Le premier frein à la consommation responsable reste son prix élevé, avec une note de 6,8/10
La lutte contre le gaspillage, au croisement du pouvoir d’achat et de l’environnement
Parmi les enseignements les plus marquants de l’étude figure la place centrale occupée par la lutte contre le gaspillage. Contrairement à certains discours environnementaux parfois jugés abstraits, ce registre mobilise des préoccupations concrètes liées à la préservation du budget, à la durée de vie des produits ou encore à la réduction des pertes inutiles. 86 % des Français considèrent ainsi qu’éviter le gaspillage est une action individuelle efficace, devant le tri (75%), l’achat de produits locaux (73%) et le fait de consommer moins (70%).
90 % des Français déclarent trier leurs déchets au moins souvent, dont 63 % systématiquement. À l’inverse, seuls 15 % favorisent systématiquement les emballages réemployables. Si le tri est désormais bien installé dans les habitudes, la réduction et le réemploi restent fortement dépendantes de l’offre disponible, du prix, de la praticité et de la facilité de retour en magasin. Citeo accompagne déjà cette évolution, à l’image du dispositif de consigne pour réemploi ReUse, dont le passage à l’échelle nationale est engagé.
Un rapport à la consommation qui change
L’étude révèle également une prise de distance avec l’acte d’achat. 61% des Français voient désormais la consommation comme une nécessité plutôt qu’un plaisir, contre 46 % en 2015. Cette évolution traduit un rapport plus utilitaire aux achats, marqué par la recherche d’équilibre entre contraintes économiques, besoins du quotidien et aspirations environnementales.
Elle se lit aussi chez les jeunes générations, où 69 % des 18-24 ans déclarent avoir déjà utilisé une intelligence artificielle pour préparer un achat, ce qui déplace une partie de la bataille de la consommation responsable vers la visibilité des critères environnementaux en ligne.
Avec cette troisième vague, Citeo et L’ObSoCo poursuivent leur ambition commune de mieux comprendre les comportements, les attentes et les arbitrages des consommateurs, afin d’éclairer les conditions de réussite d’une consommation plus responsable.


