Réduction

GT réduction : une dynamique de transformation collective, secteur par secteur

La réduction des emballages ne se fait pas seul. Pour engager des changements durables et collectifs, Citeo réunit industriels et distributeurs au sein de groupes de travail (GT) sur cinq chantiers sectoriels : vide dans les colis, étuis carton superflus dans la cosmétique et le traiteur, grands formats, lots promotionnels. Ensemble, ils construisent des solutions concrètes et duplicables. Géraldine Gauvin, Directrice Réduction de Citeo nous parle de ce qui anime ces GT : faire basculer des secteurs entiers.

INTERVIEW DE

Géraldine Gauvin

Directrice Réduction de Citeo

Comment est née l’idée des groupes de travail ? Comment ça s’inscrit dans la stratégie globale réduction ?

C’est systématique : à chaque fois que nous échangeons avec des entreprises au sujet de la réduction de leurs emballages, nous avons les mêmes commentaires. “Je ne veux pas réduire mon emballage car si mon concurrent ne le fait pas, je vais être moins visible et donc moins acheté” ou “Mes clients ne vont pas s’y retrouver si je le suis le seul à changer d’emballage et ils préfèreront le produit de mon concurrent qui n’aura pas changé”.   

C’est encore plus vrai depuis que nous encourageons les entreprises à étudier nos “5 nouveaux leviers de réduction” : suppression des regroupements, passage au grand format, passage au souple, frugalité, produits solides / concentrés / à diluer. Ces actions sont d’autant plus engageantes car elles viennent vraiment changer l’emballage, quand l’optimisation permettait souvent de le conserver en l’état.  

Les groupes de travail sectoriels sont une réponse à cet enjeu et sont le cœur de notre stratégie Réduction. Ils permettent d’envisager des actions de réduction simultanées, pour faire basculer un rayon en entier et économiser potentiellement plus de 100 kt. Concrètement, cela permet aux entreprises volontaires de mettre en commun leur connaissance pour trouver des solutions activables à l’échelle du secteur. 

Comment s’organisent-t-ils ? Quels sont les débouchés concrets attendus ? 

Chaque groupe de travail a des modalités différentes en fonction des sujets. Tous mobilisent plusieurs expertises : sectorielle, technique et marketing.  

De manière générale, il se constitue de la façon suivante :  

  • Nous identifions une action de réduction pour le secteur ;  
  • Nous creusons cette piste avec les entreprises concernées pour comprendre leur perception : est-ce que c’est une action qui résonne pour eux ? Quels sont les freins techniques à sa mise en place ? etc.  
  • Avec ces retours, nous affinons l’orientation du groupe de travail et son objectif et nous en définissons les modalités.  

Une fois le groupe de travail lancé, les premières réunions permettent souvent de partager les connaissances et formaliser de premiers enseignements. Ensuite, nous pouvons organiser des ateliers d’idéation pour commencer à dessiner collectivement les contours de solutions, par exemple, un cahier des charges technique, un parcours consommateur idéal etc. Enfin, nous souhaitons atterrir sur des phases d’expérimentation où Citeo pourrait venir financer des projets et des solutions construites dans le cadre de ces groupes de travail.

Pourquoi cible-t-on ces secteurs et ces types d’emballages en priorité ?   

Chaque secteur travaille conjointement sur un emballage réduit adapté à ses enjeux. Nous les avons d’abord choisis en raison des tonnages qu’ils permettent de réduire : soit parce qu’il s’agit d’emballages très représentés dans le gisement, comme pour les bouteilles en PET, et que chaque gramme de réduction compte, soit parce qu’il existait encore une forte marge de réduction, comme c’est le cas pour les colis. Nous avons aussi pu les choisir en raison des enjeux réglementaires actuels comme les obligations de la loi AGEC ou PPWR mais aussi car ils représentent des emballages emblématiques faisant l’objet de fortes demandes de réduction de la part des consommateurs, comme pour les étuis … ou tous à la fois.  

  • Réduction du vide dans les emballages de la vente à distance 
    Le e-commerce représente 3,2 milliards de transactions en 2025 en France* et quasiment autant d’emballages d’expédition. Pour réduire leur taille et la quantité de matière utilisée, la réglementation PPWR impose un seuil de vide maximal de 50% pour ces emballages.  
    *Source : Etude FEVAD 
  • Suppression des étuis en carton pour les produits d’hygiène-beauté et du traiteur frais 
    L’étui en carton répond à des logiques différentes dans ces deux secteurs : dans le premier cas, il permet de répondre à un code de marché premium bien ancré, tandis que dans l’autre, il peut permettre de masquer un produit parfois peu flatteur en rayon. Quoi qu’il en soit, l’enjeu est de le supprimer lorsqu’il n’apporte pas de fonctionnalité logistique mais simplement une valeur perçue au produit, ce qui permettrait d’économiser environ 42 000 tonnes de carton. 
  • Développement de grands formats dans le secteur des eaux ; 
    En passant du litre vendu en lot aux grands formats de 6L, on réduit en moyenne l’utilisation de plastique de 30%. C’est donc un enjeu de proposer une offre sur les grands formats. 
  • Virtualisation des lots promotionnels en multi-sectoriel. 
    Ces emballages de lots promotionnels sont amenés à disparaître, notamment avec l’interdiction par PPWR d’ici 2030 des emballages groupés de commodité pour favoriser la consommation. Il s’agit de trouver des solutions alternatives virtuelles qui conservent la performance des opérations commerciales en magasin. 

Quelle est l’actualité de ce groupe de travail ?

Le GT Virtualisation des lots promotionnels lancé en novembre 2025 réunit une vingtaine d’industriels issus de secteurs variés (épicerie, boissons, produits frais, produits d’hygiène, détergence …) et de distributeurs. Lors de plusieurs ateliers collectifs, ils ont mis en commun leurs retours d’expérience et identifié ensemble les leviers d’amélioration des promotions virtuelles pour permettre de préserver la performance commerciale et l’adhésion des consommateurs. 

Six mois plus tard, ils sont prêts à expérimenter des solutions sur le terrain : le GT lance en 2026 un appel à projets dédié pour les tester en conditions réelles et en mesurer les impacts.  L’objectif ? Construire des bonnes pratiques communes objectivées et réplicables, montrer que ça fonctionne et faire basculer tous les secteurs concernés. 

Vous aussi vous souhaitez participer au GT Virtualisation des lots promotionnels ?