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Déploiement du réemploi
Dans 4 régions françaises
Plus de 360 magasins de Bretagne, Normandie, des Pays-de-la-Loire et Hauts-de-France, proposent désormais des emballages réemployables dans leurs rayons.
La démarche Reuse
Avec la démarche ReUse, Citeo fédère une centaine d’acteurs (marques, distributeurs, verriers, opérateurs, fédérations, associations, etc.) autour d’un objectif : faire émerger un dispositif de réemploi national et mutualisé pour les emballages alimentaires en grandes surfaces. Après deux ans de travaux et de réflexion collective, le modèle imaginé est en d’expérimentation , dans 4 régions françaises, notamment choisies en raison de leur dynamisme sur le réemploi (voir le bilan 2025 de l’Appel à projets EncoRE plus de réemploi). Une cinquantaine de marques, de metteurs en marché et de distributeurs, sont engagées dans cette phase d’expérimentation avec près de 170 références.
12 mois d’expérimentation : les enseignements
518 000 produits consignés vendus soit 80% de produits vendus.
108 000 emballages retournés
soit 24% de taux de retour moyen et jusqu’à 60%.
8,6/10 la note accordée à l’expérience d’achat
Vous êtes metteur en marché ou distributeur ?
Rejoignez l’Activation 4 régions ReUse
Dans votre espace Clients Citeo, retrouvez les ressources utiles pour vous permettre de comprendre le dispositif et ses financements, ses attendus et ses contours opérationnels. Nos équipes ont préparé des éléments diffusables dans votre entreprise pour mobiliser vos directions juridiques, financières, marketing…
🎬 7 vidéos thématiques pour tout comprendre sur le dispositif et ses financements
💻 Des kits téléchargeables pour former vos équipes et les préparer à rejoindre l’activation 4 régions !
🗒️ 2 infographies feuille de route (metteurs en marché, distributeurs)
La phase expérimentale dans le Grand Nord-Ouest en 5 points clés
Des emballages réemployables partagés.
Citeo a créé des gammes d’emballages réemployables standards, appelées « R-Cœur » et accessibles en open-source. Objectif : mutualiser un parc d’emballages d’une taille inédite, entre acteurs pour optimiser les étapes de récupération, de collecte, de transport, de tri et de lavage. A la clé : un dispositif de réemploi plus performant à chaque étape. Ci-dessous, les 7 références d’emballages standards. Les premières références de la gamme disponibles en magasin depuis 2025 sont la bouteille à goulot large 1L pour contenir le lait, les jus et les soupes et la bouteille ambrée 75cL pour la bière. En 2026, on compte notamment la bouteille goulot étroit, les pots et les bouteilles de vin en plus.
16 millions de champions du réemploi ?
Avec des performances de tri largement supérieures à la moyenne, les citoyens des 4 régions concernées sont parmi les plus à mêmes de développer de nouveaux écogestes (achat en magasin, stockage à part des emballages destinés au réemploi, geste de retour en magasin). Pour les y aider, Citeo accompagne tous les acteurs (industriels, distributeurs et opérateurs) dans la constitution d’un parcours consommateur simple et homogène, dans tous les magasins participant à l’expérimentation.
Découvrez la carte des magasins.
Cap sur le réemploi : dans le Grand Nord-Ouest, les rayons des magasins adoptent le violet
6 enseignes pour accueillir des équipements de récupération.
6 distributeurs participent à cette expérimentation régionale : Carrefour, Coopérative U, Intermarché, Monoprix, E. Leclerc, La Brasserie du Bout du Monde.
Quels sont ces équipements ? Il en existe deux sortes : automatisés et semi-manuels. Les automates permettent au client d’y déposer en libre-service les emballages réemployables. Ils sont scannés et stockés, afin d’être récupérés et traités.
Pour l’option semi-manuelle, un employé du magasin accompagne le client et scanne les emballages à l’aide d’une douchette. Dans tous les cas, le montant de consigne est restitué au consommateur. Il est fixé entre 10 centimes pour les petits formats, et 20 centimes pour les plus grands.
Cinq fournisseurs ont été sélectionnés dans le cadre de l’appel d’offres lancé par Citeo : Bocoloco, Lemon Tri, Noww, The Keepers, Tomra.
Du partage des emballages au partage de la logistique.
Pour réduire les coûts et les risques associés au lancement de l’offre de réemploi, Citeo et les acteurs associés à la démarche ReUse ont imaginé une boucle permettant de collecter les emballages réemployables et de les acheminer vers des centres de massification et/ou sites de lavage. Véritable clé de voûte du parcours, le lavage a fait l’objet d’une attention toute particulière tant sur les volets techniques et sanitaires, que sur la recherche de performance économique et environnementale. Les deux centres de lavage sont ceux de Bout’ à Bout’, près de Carquefou et de Haut la consigne, près de Lille..
Dans cette vidéo, les 7 étapes de la boucle du réemploi.
Un fournisseur de service pour coordonner la boucle.
GO! Réemploi est le fournisseur de service unique sélectionné pour l’expérimentation régionale de ReUse dans le Grand Nord-Ouest. Il a remporté l’appel à manifestation d’intérêt initié par Citeo pour un exercice de 2 ans, entre février 2025 et février 2027.
Le prestataire de service assure les missions clés du circuit de réemploi des emballages auprès de tous les acteurs (industriels, distributeurs et opérateurs)
ReUse : imaginer aujourd’hui le dispositif de réemploi de demain
Structurer, mutualiser, déployer à l’échelle : la stratégie de Citeo en action
Depuis le lancement de l’AAP EncoRE plus de réemploi, Citeo est au rendez-vous : en trois ans, 550 projets ont été soutenus pour un montant total d’environ 120 millions d’euros, afin de favoriser l’innovation, la structuration et l’émergence de solutions de réemploi capables de réduire durablement l’impact environnemental des emballages.
Au-delà du financement, Citeo agit comme coordinateur et agrégateurs de toutes les expertises autour du réemploi pour en faire une réalité économique et industrielle en France. L’appel à projets s’inscrit dans une trajectoire claire :
Structurer et partager des standards communs (emballages, récupération, lavage, communication, etc.) pour rendre les dispositifs de réemploi identifiables, interopérables et optimisés Encourager la mutualisation des infrastructures pour permettre des économies d’échelle, et donc réduire les coûts, et rendre le réemploi plus lisible et plus simple pour les entreprises et les consommateurs Massifier les volumes, condition indispensable pour rendre le réemploi compétitif et atteindre notre ambition collective
Cette édition illustre cette logique avec plusieurs projets portés par des groupements d’acteurs, représentant plus de 10 millions d’euros engagés, et une majorité de projets à portée nationale, couvrant plusieurs régions.
E-COMMERCE
Le e-commerce représente aujourd’hui en France 3,2 milliards de transactions en 2025* (+10% par rapport à 2024) soit près de 100 commandes par seconde et quasiment autant d’emballages d’expédition. Face à cet essor, les solutions de colis réemployables continuent de consolider leur offre et l’écosystème se structure pour les distribuer : la chaîne logistique du secteur continue à se développer, les industriels s’engagent sur des objectifs de réemploi à travers une charte commune menée par la FEVAD et les acteurs indispensables de la logistique comme Mondial Relay et La Poste s’impliquent pour massifier les volumes et les retours.
*Source : étude FEVAD 2025
Coalition Réemploi des emballages e-commerce
Vertbaudet, Nocibé, Aroma-Zone, Fnac-Darty, M&L, Leroy Merlin, Magellan et Clarins
Des grands groupes unissent leur force de frappe dans une coalition inédite pour tester une offre de réemploi sur le e-commerce.
Objectif : harmoniser les pratiques, mutualiser les tests techniques et les services en vue d’une mise en marché simplifiée, et à terme, définir ensemble un modèle économique viable.
Expérimentation mutualisée de livraison en points relais en colis réemployable
DT2M, Colibri, Vestiaire collective, Aroma-Zone, Boulanger, Ikea et Decathlon
7 grandes entreprises testent pour la première fois un mode de retour via une partie du réseau de points relais Mondial Relay.
Objectif : valider le processus opérationnel et technique pour envisager un passage à l’échelle sur l’ensemble du territoire et avec l’ensemble des acteurs.
La Poste, Mobiuspack, Opopop et Réutec
Nouvelles gammes de colis réemployables, études technico-économique, traçabilité et nouveaux dispositifs de collecte …
Ces apporteurs de solutions sont chacun soutenu pour aider la filière à se développer.
HYGIÈNE, BEAUTÉ
Avec 3 milliards d’UVC* chaque année et la majorité de ses emballages en plastique, ce secteur a un fort potentiel de passage au réemploi, mais aussi des contraintes spécifiques : sécurité sanitaire et microbiologique, faible rotation des emballages, positionnement haut de gamme. C’est pourquoi l’approche collective est particulièrement pertinente pour mutualiser les coûts et le cadrage technique. La recharge est le type de réemploi le plus développé sur ce secteur, mais des projets de vrac avec des meubles de distribution adaptées aux produits visqueux et le préemballé réemployable voient également le jour ces dernières années.
*Source : déclarations Citeo 2024
FEBEA
La Fédération des Entreprises de la Beauté lance une étude comparative inédite des modèles de réemploi, afin d’aider les marques de cosmétique à choisir la solution la plus pertinente en fonction de leurs enjeux.
Pharma-Recharge
Expanscience, Biocodex, La Rosée Cosmétiques, Naos, Uriage, SVR et Léa Nature
Accompagné depuis plusieurs années, ce consortium multi-marques regroupant 7 acteurs phares de la dermo-cosmétique propose une expérience inédite en pharmacie : un meuble commun mettant à disposition une sélection de produits d’hygiène du quotidien rechargeables en libre-service dans un flacon commun.
Le projet vise cette année à optimiser le parcours utilisateur et l’expérience pour les pharmacies.
ReCosm 2.0 Intégrés
Yves-Rocher, Aroma-zone et Adopt
Ces enseignes testent depuis plusieurs années le préemballé sur le parfum, les soins visages et les compléments alimentaires dans leurs boutiques. À travers cette nouvelle coalition, elles partagent les mêmes enjeux et testent dans leurs magasins en propre.
Elles peuvent ainsi mutualiser les aspects logistiques et marketing.
Ibbeo, Niugreen
2 laveurs sont lauréats de l’AAP pour tester plusieurs technologies de lavage des emballages cosmétique réemployables.
ALIMENTAIRE
Les produits d’épiceries peuvent être distribués dans des emballages réemployables ou en vrac. Dans le premier cas, l’enjeu est d’optimiser et de garantir la visibilité du parcours client de l’achat jusqu’au retour en magasin. Pour le second, il s’agit d’amener le consommateur à préférer le vrac en proposant davantage de produits du quotidien et de marqueurs de confiance.
La boucle complète de réemploi de contenants alimentaires lancée en 2024 dans le Sud-Aquitain poursuit son expansion. Les 21 marques régionales distribuées dans des magasins GMS et points de vente indépendants disposent déjà d’une logistique de collecte et de transport mutualisée. Cette année, elles bénéficieront d’une montée en volume, de l’élargissement des gammes de bocaux et d’un nouveau format de bouteille.
Objectif : valider le modèle économique en vue du passage à l’échelle.
Ce meuble distribue la juste quantité de produit désirée en vrac dans des emballages réemployables brandés. Depuis mars 2026, il est en test en magasin.
La boucle de lavage et de réemploi est gérée par RE-UZ.
BOISSON
Si la compréhension du parcours des emballages réemployables par le consommateur reste essentielle, les problématiques des boissons sont aussi liées à la nature du produit. Sur les boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA), l’enjeu est de pénétrer la grande consommation autant que le secteur des Cafés Hôtels Restaurant. Pour les spiritueux, il faut cibler des références consommées de manière régulière.
Meteor, Suntory, Lorina, Oé, Le Fourgon
Les 5 marques de boisson sont proposées en emballages réemployables dans une vingtaine de magasins d’Île-de-France depuis 2024. Cette année, la distribution e-commerce en drive et livraison à domicile sont en test.
Cette année, la distribution e-commerce en drive et livraison à domicile sont en test.
Réemploi en Bourgogne-Franche-Comté
La Distillerie Guy et la Maison Rième s’unissent avec le syndicat de déchets Préval Haut-Doubs et le PTCE YAKA pour déployer une boucle locale de réemploi de bouteilles en verre sur le Pontarlier Anis et la Mortuacienne.
Ils sont soutenus par Citeo et Adelphe dans leur test en magasin.
2025 : la deuxième plus grande vague de candidatures depuis le lancement du dispositif
L’édition 2025 des appels à projets enregistre la deuxième plus importante mobilisation depuis la création du
programme, confirmant l’intérêt grandissant des territoires et des acteurs de la filière pour accélérer la
transition vers l’économie circulaire et un tri plus performant.
210 projets soutenus
partout en France
20 millions d’habitants concernés
60 millions d’euros investis
+63 000 tonnes recyclées attendues
+1,3 point de recyclage
des emballages ménagers
6 leviers d’action prioritaires
Augmenter les performances de collecte des emballages grâce à l’installation d’équipements adaptés tels que les bacs et les points d’apport volontaire, l’ajustement des fréquences de collecte et des actions de sensibilisation des citoyens sur la qualité du tri.
La tarification incitative : en 2025, c’est 1 million d’habitants supplémentaires concernés par la tarification incitative grâce aux lauréats de l’appel à projet.
Mieux capter les emballages en dehors du domicile en permettant de trier partout, tout le temps. Les zones concernées par la consommation de produits nomades tels que les établissements recevant du public (stade, théâtre etc) ou les lieux touristiques sont équipés de dispositifs de tri (colonnes d’apport volontaire, abris-bacs, corbeilles…). Grâce aux projets soutenus par l’appel à projets, le territoire couvert par les dispositifs de tri hors foyer passe de 28% à 40%.
Améliorer le tri industriel en modernisant les centres de tri et optimisant leurs process pour limiter la perte de matière, mieux piloter les activités et s’adapter aux standards. Cette année, 17 centres de tri ont été modernisés, soit 15% du parc français de centres de tri accompagnés pour améliorer leur process en 2025.
Détecter les solutions de réemploi optimales pour les professionnels de la restauration pour développer l’utilisation d’emballages réemployables dans le portage à domicile, la vente à emporter et l’événementiel.
Lever les blocages grâce à l’innovation en adressant les problématiques spécifiques de performance (habitat collectif), de qualité du tri lors des évènements avec forte affluence (mobiliers urbains) et de sécurité des centres de tri (solutions IA, prévention risque d’incendie).
L’ensemble de ces projets permettra de recycler
63 000 tonnes d’emballages supplémentaires.
Anne-Sophie Louvel
Directrice Opérations et Territoires de Citeo
Nous constatons depuis 2 ans une mobilisation sans précédent des territoires pour accélérer le tri et le recyclage. Les collectivités locales, les centres de tri et les acteurs de l’innovation démontrent une capacité remarquable à se saisir des enjeux européens et à transformer concrètement les pratiques. Les projets lauréats, qu’il s’agisse d’expérimenter des solutions ou de déployer à grande échelle des dispositifs éprouvés, témoignent d’une volonté collective d’aller plus vite et plus loin. Grâce à ces investissements,
nous franchissons une nouvelle étape essentielle pour renforcer l’économie circulaire dans nos territoires.
Pour aller plus loin
Comment est née l’idée des groupes de travail ? Comment ça s’inscrit dans la stratégie globale réduction ?
C’est systématique : à chaque fois que nous échangeons avec des entreprises au sujet de la réduction de leurs emballages, nous avons les mêmes commentaires. “Je ne veux pas réduire mon emballage car si mon concurrent ne le fait pas, je vais être moins visible et donc moins acheté” ou “Mes clients ne vont pas s’y retrouver si je le suis le seul à changer d’emballage et ils préfèreront le produit de mon concurrent qui n’aura pas changé”.
C’est encore plus vrai depuis que nous encourageons les entreprises à étudier nos “5 nouveaux leviers de réduction” : suppression des regroupements, passage au grand format, passage au souple, frugalité, produits solides / concentrés / à diluer. Ces actions sont d’autant plus engageantes car elles viennent vraiment changer l’emballage, quand l’optimisation permettait souvent de le conserver en l’état.
Les groupes de travail sectoriels sont une réponse à cet enjeu et sont le cœur de notre stratégie Réduction. Ils permettent d’envisager des actions de réduction simultanées, pour faire basculer un rayon en entier et économiser potentiellement plus de 100 kt. Concrètement, cela permet aux entreprises volontaires de mettre en commun leur connaissance pour trouver des solutions activables à l’échelle du secteur.
Comment s’organisent-t-ils ? Quels sont les débouchés concrets attendus ?
Chaque groupe de travail a des modalités différentes en fonction des sujets. Tous mobilisent plusieurs expertises : sectorielle, technique et marketing.
De manière générale, il se constitue de la façon suivante :
Nous identifions une action de réduction pour le secteur ; Nous creusons cette piste avec les entreprises concernées pour comprendre leur perception : est-ce que c’est une action qui résonne pour eux ? Quels sont les freins techniques à sa mise en place ? etc. Avec ces retours, nous affinons l’orientation du groupe de travail et son objectif et nous en définissons les modalités.
Une fois le groupe de travail lancé, les premières réunions permettent souvent de partager les connaissances et formaliser de premiers enseignements. Ensuite, nous pouvons organiser des ateliers d’idéation pour commencer à dessiner collectivement les contours de solutions, par exemple, un cahier des charges technique, un parcours consommateur idéal etc. Enfin, nous souhaitons atterrir sur des phases d’expérimentation où Citeo pourrait venir financer des projets et des solutions construites dans le cadre de ces groupes de travail.
Pourquoi cible-t-on ces secteurs et ces types d’emballages en priorité ?
Chaque secteur travaille conjointement sur un emballage réduit adapté à ses enjeux. Nous les avons d’abord choisis en raison des tonnages qu’ils permettent de réduire : soit parce qu’il s’agit d’emballages très représentés dans le gisement, comme pour les bouteilles en PET, et que chaque gramme de réduction compte, soit parce qu’il existait encore une forte marge de réduction, comme c’est le cas pour les colis. Nous avons aussi pu les choisir en raison des enjeux réglementaires actuels comme les obligations de la loi AGEC ou PPWR mais aussi car ils représentent des emballages emblématiques faisant l’objet de fortes demandes de réduction de la part des consommateurs, comme pour les étuis … ou tous à la fois.
Réduction du vide dans les emballages de la vente à distance
Le e-commerce représente 3,2 milliards de transactions en 2025 en France* et quasiment autant d’emballages d’expédition. Pour réduire leur taille et la quantité de matière utilisée, la réglementation PPWR impose un seuil de vide maximal de 50% pour ces emballages.
*Source : Etude FEVADSuppression des étuis en carton pour les produits d’hygiène-beauté et du traiteur frais
L’étui en carton répond à des logiques différentes dans ces deux secteurs : dans le premier cas, il permet de répondre à un code de marché premium bien ancré, tandis que dans l’autre, il peut permettre de masquer un produit parfois peu flatteur en rayon. Quoi qu’il en soit, l’enjeu est de le supprimer lorsqu’il n’apporte pas de fonctionnalité logistique mais simplement une valeur perçue au produit, ce qui permettrait d’économiser environ 42 000 tonnes de carton.Développement de grands formats dans le secteur des eaux ;
En passant du litre vendu en lot aux grands formats de 6L, on réduit en moyenne l’utilisation de plastique de 30%. C’est donc un enjeu de proposer une offre sur les grands formats.Virtualisation des lots promotionnels en multi-sectoriel.
Ces emballages de lots promotionnels sont amenés à disparaître, notamment avec l’interdiction par PPWR d’ici 2030 des emballages groupés de commodité pour favoriser la consommation. Il s’agit de trouver des solutions alternatives virtuelles qui conservent la performance des opérations commerciales en magasin.
Quelle est l’actualité de ce groupe de travail ?
Le GT Virtualisation des lots promotionnels lancé en novembre 2025 réunit une vingtaine d’industriels issus de secteurs variés (épicerie, boissons, produits frais, produits d’hygiène, détergence …) et de distributeurs. Lors de plusieurs ateliers collectifs, ils ont mis en commun leurs retours d’expérience et identifié ensemble les leviers d’amélioration des promotions virtuelles pour permettre de préserver la performance commerciale et l’adhésion des consommateurs.
Six mois plus tard, ils sont prêts à expérimenter des solutions sur le terrain : le GT lance en 2026 un appel à projets (AAP) dédié pour les tester en conditions réelles et en mesurer les impacts. L’objectif ? Construire des bonnes pratiques communes objectivées et réplicables, montrer que ça fonctionne et faire basculer tous les secteurs concernés.
Comment est née l’idée ?
La réduction de notre impact environnemental s’est imposée ces dernières années comme une priorité, en cohérence avec nos valeurs et avec les attentes de nos clients. L’écoconception des emballages est un des leviers majeurs que nous avons activés pour y arriver, en limitant la quantité de matière utilisée, et notamment de matière plastique vierge. Dès 2019, nous avons mené une réflexion globale visant à intégrer de la matière plastique recyclée dans l’ensemble de nos emballages, pour tous les pays où nous sommes présents et sur de nombreuses catégories de produits : notamment les Produits d’hygiène papier grand consommation, Soins de la personne et Hygiène professionnelle. Il s’agit donc d’un projet d’innovation global, porté par chaque catégorie selon l’organisation et les objectifs propres à chacune. J’ai rejoint l’entreprise avec pour mission d’engager et de piloter cette transformation pour les Produits d’hygiène papier grand consommation (papiers-toilettes, essuie-tout, mouchoirs). Pour structurer notre démarche et définir un point de départ, nous nous sommes appuyés sur les paliers fixés par la prime à l’intégration de matière recyclée délivrée par Citeo. Ce dispositif fournit des objectifs clairs en matière de taux d’incorporation et apporte un appui financier complémentaire, pour soutenir les investissements industriels structurants.
Quelles évolutions techniques et marketing ont été nécessaires ?
Sur les emballages des Produits d’hygiène papier grande consommation, le projet a débuté avec un benchmark des initiatives sur le marché et une consultation de nos fournisseurs. Très vite, nous avons constaté que le secteur était encore peu mature sur le sujet. Il a donc fallu jouer un rôle moteur, sensibiliser l’écosystème et instaurer une dynamique collective. Dès le lancement, l’ambition était claire : écoconcevoir l’intégralité des emballages de notre offre, dans tous les pays où nous produisions. Nous avons donc mobilisé toutes les parties prenantes en interne, c’est-à-dire les équipes packaging, marketing, achats et marchés, et transcrit les spécifications techniques des usines. Nous avons initié ce chantier d’ampleur avec un taux cible d’au moins 33 % de polyéthylène (PE) recyclé à l’échelle de l’UVC, conformément au premier palier fixé par Citéo, afin d’évaluer la capacité d’adaptation des lignes. Des tests en conditions réelles, menés étroitement entre nos laboratoires et nos usines, ont permis de caractériser et de maîtriser la variabilité induite par la matière recyclée. Densité fluctuante, variations visuelles… autant de paramètres difficiles à anticiper. Pendant un an, nous avons travaillé pour redéfinir les spécifications techniques et optimiser les paramètres de production, avant de les déployer dans chaque pays. Nous avons appliqué la même méthodologie pour adapter les équipements à des taux plus élevés. Aujourd’hui, tous les emballages de papier toilette et essuie tout d’Essity contiennent au moins 55 % de matière recyclée, et au moins 75 % sur certaines catégories. À date, nos usines sont de plus en plus autonomes et pilotent l’intégration de matière recyclée avec le support des ingénieurs packaging.
Quels sont les résultats de cette innovation ?
Pour le consommateur, l’expérience est identique : même prix, même aspect. Notre travail approfondi sur la formulation des matériaux a permis de maitriser les caractéristiques de ces nouveaux emballages. Pour Essity, c’est une réussite qui illustre la capacité de l’entreprise à engager la transformation de son modèle, à travers la collaboration transversale de ses équipes et de ses partenaires, pour réduire durablement son empreinte environnementale. En 2025, pour nos marques propres en Europe, c’est 3638t de plastique vierge qui ont été économisées sur les emballages plastiques, soit environ 4729t de CO₂ évitées*. En 2024 c’était 3255t de plastique vierge qui ont été économisées, soit environ 4231t de CO₂ évitées*. Cela montre comment Essity considère l’impact environnemental au travers de l’innovation.
*Source : estimation sur la base de facteurs d’émissions pour le PE souple recyclé de la Base Empreinte(R)
Quels sont vos objectifs pour la suite ?
Notre priorité est d’augmenter encore le taux d’intégration de matière recyclée et atteindre les 75 % a minima sur l’ensemble des catégories afin de réduire au maximum l’usage de plastique vierge. Nous souhaitons également capitaliser sur les enseignements du projet et étendre cette logique à d’autres types d’emballages, notamment les emballages secondaires (dont certains ont déjà de la matière recyclée). Par ailleurs, nous explorons d’autres matériaux lorsque cela a du sens, comme la substitution du plastique par le papier. Cette solution a été développée et commercialisée sur les packs de papier toilette Lotus Just 1 sans tube depuis fin 2025.
Quel rôle joue Citeo auprès des collectivités ?
Depuis plus de 30 ans, Citeo est le partenaire des collectivités locales pour mettre en place ensemble le dispositif de collecte et de tri des emballages et papiers adapté à chaque territoire et contribuer concrètement à l’action écologique locale. Collectivement, nous avons construit la collecte sélective, opéré cette grande simplification des règles de tri pour les habitants, modernisé les centres de tri. Nous avons pu avancer grâce à la volonté des élus dans les territoires et grâce à notre expertise en matière de collecte à domicile, en hors foyer et dans la lutte contre les déchets abandonnés pour mettre en place le tri, partout, tout le temps.
Aujourd’hui des idées reçues persistent sur le geste de tri et le devenir des emballages et des papiers mis dans le bac jaune. Nous devons continuer à agir main dans la main avec les élus en particulier sur la mobilisation citoyenne. Notre rôle est ainsi de les éclairer sur les changements de comportements tout en leur donnant de la visibilité sur les nouvelles filières de recyclage. Afin que le geste de tri demeure le 1er geste citoyen en France.
Les autres R – réduction et réemploi – se développent de plus en plus aussi au niveau local. Pour s’assurer d’une bonne prise en compte de ces enjeux, nous leur partageons les plans d’activation sectoriels que nous menons avec les entreprises pour développer l’écoconception des emballages et nos actions pour passer le réemploi à l’échelle à travers l’expérimentation régionale ReUse.
Aujourd’hui l’urgence climatique se conjugue plus que jamais à des contraintes économiques importantes pour les territoires. La collecte, le tri, le réemploi sont des sujets souvent très techniques mais que les élus ont le pouvoir de transformer en outils de performance écologique, financière et sociale. Car nos déchets ont de la ressource !
En 2026, avec les élections municipales une partie de nos partenaires-clés que sont les élus locaux (municipaux, métropolitains, de communautés de communes et de syndicats de traitement), va se renouveler. Afin de les rencontrer, de les accompagner dans leurs stratégies en matière de politique 3R et de les mobiliser pour renforcer la circularité des territoires, nous avons conçu un Parcours Nouveaux élus à leur service.
Quels sont défis des nouveaux élus lorsqu’ils prennent en main la gestion des déchets ?
Vaste sujet qu’une délégation Déchets surtout quand, de plus en plus, elle s’élargit aux 3R avec le développement du réemploi. Les nouveaux élus vont vouloir rapidement comprendre pour agir. Un de nos enjeux est de leur expliquer le principe de la Responsabilité Élargie du Producteur qui fonctionne par familles de déchets alors qu’ils ont d’abord naturellement une vision territoriale des déchets. À nous de leur montrer que ce mode de partenariat public/privé est aussi gagnant-gagnant pour eux, surtout en ces temps de réduction des dotations de l’État.
À nous aussi de trouver le bon niveau de technicité pour leur permettre de prendre en main ces sujets, de situer les performances de leur collectivité et choisir les leviers d’action les plus adaptés à leur politique territoriale. Grâce à ce Parcours Nouveaux élus, nous souhaitons aussi apporter la preuve par l’exemple de celles et ceux qui ont déjà fait beaucoup en la matière. Sans compter que la visite d’un centre de tri vaut souvent toutes les explications !
Accompagner les élus dans leur prise de fonction : pourquoi et surtout comment ?
Ce parcours s’adresse aussi bien aux « vrais nouveaux » qu’à des élus ayant déjà exercé un mandat, avec ou sans délégation liée aux sujets des déchets. Il vise à les embarquer pour leur nouveau mandat, en mettant à disposition des ressources pédagogiques, en les aidant à activer leurs performances de collecte sélective à travers l’identification des bons leviers d’action propres à leur territoire.
Notre objectif est de nouer un lien durable avec eux sur les 6 à 7 prochaines années. Le parcours d’accompagnement est conçu pour faciliter leur prise de mandat avec plusieurs séquences sur la 1ère année de prise de fonction :
En 2020, la Covid nous avait contraint à des modules de sensibilisation en distanciel. Pour 2026/2027, nous comptons sur un parcours à la fois individuel et collectif au plus près des nouveaux élus dans les régions, aussi bien dans l’Hexagone que dans les Outre-mer, pour incarner cette proximité qui fait la force de Citeo. faire gagner du temps aux élus dans leur prise en main du sujet Déchets. En tant que partenaire de proximité et expert, nous les aidons à engager la transformation de leur territoire vers plus de circularité.
Philippe Moccand
Directeur Schéma industriel et Outre-mer de Citeo
En Outre‑mer, notre accompagnement des nouveaux élus est un véritable atout pour appréhender efficacement une gestion des déchets soumise aux contraintes insulaires et logistiques. La récente simplification des consignes de tri, qui permet désormais de mettre tous les emballages dans le bac jaune, change la donne. Nos équipes locales seront aux côtés des élus pour déployer pleinement ce levier de performance et de circularité.
Grâce à cet appui dans les premiers mois de mandat, Citeo souhaite agir comme facilitateur afin de faire gagner du temps aux élus dans leur prise en main du sujet Déchets. En tant que partenaire de proximité et expert, nous les aidons à engager la transformation de leur territoire vers plus de circularité.
Et sur la suite, dans le temps long ?
Citeo propose non seulement un accompagnement complet aux élus, mais aussi évidemment à leurs équipes techniques et communication, en proximité toute l’année avec nos équipes régionales. Nous leur apportons des soutiens financiers dans le cadre du contrat Collecte sélective, des appels à projets et des conventions de lutte contre les déchets abandonnés. Nous posons des diagnostics pour les guider dans les actions adaptées à leurs territoires et nous mettons à leur disposition des ressources pédagogiques et techniques pour mobiliser leurs habitants… Nous partageons les bonnes pratiques pour valoriser leur engagement sur leurs territoires, créer du lien entre eux et nourrir leur réseau.
La finalité de toutes nos actions est de permettre aux élus et à leurs équipes de bâtir des territoires plus résilients, plus performants et plus connectés aux besoins des habitants.
6 propositions pour des territoires circulaires
Petits emballages : de quoi parle-t-on ?
De façon générale, les petits emballages et papiers correspondent à tous les petits formats d’emballages et les formats individuels, que les habitants doivent trier dans leur bac jaune en France, quel que soit le produit qu’ils contiennent (alimentaire, non alimentaire) ou les matériaux qui composent cet emballage ou ce papier. Nous retrouvons par exemple des sachets de biscuits, des pipettes de sérum physiologique, les blisters de médicaments, des petits emballages de cosmétique (flacons et pots, tubes de mascara…), des petits pots de yaourts. On retrouve également des éléments d’emballage qui ont été séparés lors du geste de tri : bouchons, opercules…ou encore des morceaux d’emballages fragmentés et des bouts de papiers déchirés.
Il n’y a pas de cadre réglementaire qui définit la notion de « petits emballages et papiers », que ce soit au niveau français ou européen. Une définition – partagée par les parties prenantes – a pu être proposée pour la première fois en 2025 dans le cadre d’une étude conjointe entre éco-organismes français, portée par l’Organisme coordinateur emballages ménagers (OCAPEM) : un petit emballage et un petit papier ont une dimension comprise entre 20 et 100mm.
La quantité de ces petits mis sur le marché en France est difficile à estimer : lors des déclarations annuelles, les metteurs sur le marché d’emballages et de papiers ne déclarent pas des formats ou tailles d’emballages. Impossible donc par ce biais de quantifier précisément ce gisement ! Néanmoins, nos études montrent qu’ils représentent 17% du contenu du bac jaune à l’arrivée en centres de tri. C’est modeste, mais significatif.
Si les petits sont moins bien captés que les autres emballages, une partie est réellement captée et est déjà recyclée : les petits doivent donc respecter les consignes d’éco-conception pour être recyclables et recyclés et nous accompagnons nos clients en ce sens.
Existe-t-il déjà des solutions pour certains petits emballages ?
Oui, certains petits emballages sont aujourd’hui bien triés : il s’agit des petits métaux. Depuis 2014, le Projet Métal a été déployé pour mieux capter les petits métaux, et CITEO était évidemment partie prenante de cette aventure puisque nous avons accompagné et continuons à accompagner financièrement les centres de tri pour s’équiper de machines permettant de les capter dans la fraction de fines. Ainsi, grâce à l’installation de machines à courant de foucault, on capte davantage de petits aluminiums (capsules de café, opercules des bouteilles de lait, blisters de médicaments, sachets en aluminium souple, …) et grâce à l’installation de machines appelées overband, on capte davantage de petits aciers (bouchons, opercules de conserves, …). En 2024, ce sont 8350 tonnes de petits aluminiums qui ont été envoyées en pyrolyse grâce à 80 centres de tri équipés à début 2026.
Pourquoi a-t-on du mal à capter les autres en centre de tri ?
En termes de process, les centres de tri fonctionnent globalement tous de la même façon : ils commencent par séparer les emballages et les papiers à trier en fonction de leur taille, en les regroupant en plusieurs fractions dès le début du process. En effet, il est plus efficace de trier des flux homogènes en taille et en composition. On retrouve ainsi 3 fractions :
Les petits emballages et papiers s’orientent donc dans la fraction de fines ainsi que dans la fraction moyenne (majoritaire en tonnages dans les centres de tri). Sur la fraction des fines, on va surtout chercher à capter les petits métaux pour les recycler tandis que les plastiques et les fibreux présents seront majoritairement orientés vers les refus et valorisés énergétiquement. La fraction moyenne va passer par une succession d’étapes et d’équipements pour capter un maximum d’emballages et de papiers. La taille de l’emballage ou du papier joue directement sur les performances de tri : nous avons pu montrer que même en laboratoire, repérer les petits plastiques et papiers s’avèrent plus difficile car ils ont des comportements aléatoires, peuvent être cachés ou entrainés par des emballages plus gros et ils sont plus difficiles à éjecter… De plus, la présence de petits emballages et papiers dégrade la qualité des différents flux produits, notamment fibreux et plastiques souples. Conséquence : les recycleurs ne veulent pas de tous les petits.
Le sujet des petits est relativement nouveau, les données souvent partielles et encore à consolider mais un consensus se dégage : l’amélioration de leur captage et recyclage est complexe et représente un défi.
Comment CITEO et ses partenaires se sont mobilisés pour trouver des solutions ?
Depuis plusieurs années, CITEO pilote un groupe de travail autour du sujet des petits avec pour ambition de mieux comprendre leurs comportements dans les process de tri et de recyclage, et trouver des solutions. Dans cette instance, des industriels investis et représentant différents secteurs (alimentaire, cosmétique, parapharmacie…) contribuent aux réflexions et challengent les orientations des travaux.
Côté tri, depuis 5 ans, nous avons engagé des expérimentations, des tests d’emballages, des diagnostics d’installations, des caractérisations, permettant ainsi de mieux comprendre « les petits » en centres de tri et d’analyser les options techniques potentielles.
Côté recyclage, depuis 2024, nous avons mené des entretiens avec les principaux recycleurs de plastiques et fibreux, pour comprendre comment ces petits emballages et papiers pouvaient intégrer voire impacter leurs process de recyclage. À date, leur intérêt se porte surtout sur les petits plastiques rigides qui pourraient être pris en charge dans les filières de recyclage existantes (petits flacons, pots et bouteilles en PE, PP, PS et PET).
CITEO a également réalisé en 2025 un benchmark : nous avons mené des entretiens avec plusieurs interlocuteurs de différents pays européens, pour comprendre comment était adressée la problématique des petits emballages et papiers sur leurs territoires. Si les résultats ont été intéressants, ils ne font pas apparaitre de solution miracle : de nombreux pays font face aux mêmes problématiques que les nôtres : les installations trient moins bien ces « petits », quelles que soient les modalités d’organisation de collecte mises en place. Les centres de tri ne sont généralement pas équipés pour les trier, et les données technico-économiques manquantes. Enfin, tous les pays se heurtent à la difficulté d’avoir une vision claire de ce gisement : à date, personne ne sait quels tonnages ces petits représentent.
Quel est l’état d’avancement de ces travaux ?
On pourrait penser que pour mieux capter les petits à l’étape de tri, il suffit d’ajouter des équipements comme des tris optiques ou mécaniques sur le flux de fines ou de baisser la taille des fines pour en laisser passer davantage dans la fraction moyenne. Malheureusement c’est plus compliqué que cela et les impacts sont nombreux quand on modifie des étapes de process de tri. C’est ce qu’a cherché à analyser l’OCAPEM dans le cadre de son étude en 2025 pour l’optimisation du captage des petits emballages et des petits papiers à l’étape de tri : vous trouverez ici la synthèse des travaux réalisés.
Cette étude se base sur l’ensemble des données en la possession des éco-organismes sur le sujet (caractérisations de flux de collecte sélective essentiellement), elle compile également des interviews d’experts de la profession (exploitants de centres de tri, fournisseurs de machines, ensembliers…). Elle liste tous les scénarii jugés d’intérêt par la profession pour améliorer le tri des « petits » en France, aux étapes de tri, ou surtri. Pour chaque scénario, une analyse détaillée des impacts en termes de tonnes, de coûts et d’équipements à installer permet d’apprécier l’efficience et la faisabilité de déploiement (ex : nombre de centres de tri pouvant le mettre en œuvre dans un temps raisonnable). En effet, on peut envisager de travailler de plusieurs façons sur les centres de tri, en fonction de leur conception et process (cette liste est non exhaustive) :
Nous souhaitons que cette étude technique puisse être partagée au plus grand nombre et surtout aux opérateurs techniques (propriétaires et exploitants de centres de tri), car ce sont eux qui sont les mieux placés pour faire le diagnostic de leurs installations et identifier les points d’amélioration du process sur le sujet.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Même s’il n’y a pas de solutions techniques simples et faciles à mettre en place rapidement, certaines pistes émergent. Nous souhaitons engager le sujet sur le terrain : il s’agit d’accompagner les centres de tri vers une prise en compte du tri des « petits » dans leur process pour augmenter leur captation. Le sujet de la taille restera toujours une difficulté à leur bon captage mais nous devons initier des évolutions sur le terrain. Nos Appels à projets tri et Innovation lancés cette année permettront aux candidats désireux de tester des solutions de bénéficier d’un accompagnement par CITEO. Le prérequis à cet accompagnement sera toujours bien évidemment la qualité de la matière à recycler. Comme ce fut le cas pour permettre la simplification du geste de tri, ces adaptations de process industriels prendront du temps, mais nous permettront de trouver des solutions pour mieux recycler ces emballages et atteindre les objectifs réglementaires fixés en matière de recyclage.
En parallèle, nous allons bien évidemment poursuivre les travaux que nous avons conduits jusqu’à présent pour continuer à chercher des solutions : finaliser les expérimentations en cours sur les petits emballages et papiers, poursuivre la veille technique dans les autres pays européens, mais aussi communiquer plus largement sur les données en notre possession pour diffuser nos connaissances et embarquer toutes les parties prenantes sur ce sujet.
Pour aller plus loin
Le tri des emballages légers en plastique, carton, métal a progressé de 9% en moyenne en France. Cette évolution révèle l’efficacité des stratégies ciblées déployées sur les territoires.
TOP 3 des régions où l’on trie le plus les emballages et les papiers
1e : Bretagne
105 kg triés par habitant
La Bretagne continue de dominer le classement national du tri grâce à la mobilisation continue des collectivités et le déploiement de projets structurants sur tout le territoire. Les Côtes-d’Armor, premier département français, a gagné 12 kg d’emballages légers* triés par habitant en deux ans grâce à la modernisation du centre de tri de Kerval et la tarification incitative. Le Finistère a diversifié ses modes de collecte et renforcé sa communication. L’Ille-et-Vilaine a déployé la tarification incitative pour 50% de sa population et optimisé ses points de collecte, tandis que le Morbihan a généralisé la collecte tri-flux (emballages, papiers-cartons et ordures ménagères résiduelles) et le tri hors foyer sur ses territoires. Ces initiatives locales, soutenues par Citeo, illustrent l’engagement des acteurs bretons pour renforcer le geste de tri, optimiser la collecte et préparer l’arrivée de nouvelles solutions comme le développement du réemploi et la collecte séparée des cartons.
*Les emballages légers sont tous les emballages déposés dans la poubelle jaune : métal, plastique et papier-carton.
2e : Pays de la Loire
91,9 triés par habitant
Les Pays de la Loire maintiennent d’excellentes performances de tri en 2024, avec une progression des emballages légers dans tous les départements. La Vendée, leader régional, affiche des résultats remarquables avec 80% de sa population couverte par la tarification incitative. En Loire-Atlantique, la Métropole de Nantes a optimisé sa collecte, avec un important soutien de Citeo . Le Maine-et-Loire enregistre une hausse de 5% grâce à la tarification incitative et l’optimisation des collectes. En Mayenne, l’extension de la tarification incitative à deux nouvelles collectivités génère des progressions de 22% à 29% sur les emballages plastiques. La modernisation des équipements et autres leviers structurants se déploient dans la région pour accélérer la transition vers une économie circulaire durable et locale.
3e : Bourgogne-Franche-Comté
89,9 kg triés par habitant
Les performances en Bourgogne-Franche-Comté illustrent l’efficacité des transformations engagées et accompagnées par Citeo : simplification du geste de tri pour les habitants, amélioration des dispositifs et modernisation des centres de tri, comme celui de Dijon Métropole, capable désormais de traiter tous les emballages en plastique, avec un effet immédiat à la hausse sur les performances du département. L’innovation de la fiscalité des déchets joue un rôle clé, comme le démontre la Communauté de Communes Auxonne-Pontailler-Val de Saône qui, grâce à sa tarification incitative simplifiée, a gagné 27kg/habitant/an d’emballages légers. D’autres leviers de performance ont été activés avec succès : l’optimisation des fréquences de collecte et la promotion du compostage à Cœur de Loire (+20% de performance), l’inversion des fréquences de collecte à la Plaine Dijonnaise (+20kg/habitant/an), et l’intégration des technologies avancées comme l’intelligence artificielle au Grand Senonais (+50% de volumes collectés) et à Lure. Ces initiatives, complétées par des actions de sensibilisation par des ambassadeurs du tri sur 4500 foyers comme à Mâcon-Beaune, illustrent l’efficacité d’une approche combinant innovation technique, fiscalité incitative et engagement citoyen.
Focus sur deux leviers de performance : vers plus de recyclage
La tarification incitative
La tarification incitative s’impose aujourd’hui comme un levier majeur pour améliorer significativement les performances de tri et de recyclage en France. Aujourd’hui encore, près d’un quart des poubelles d’ordures ménagères est constitué d’emballages et de papiers valorisables. Ce mécanisme fait payer les usagers en fonction de leur production réelle de déchets. En responsabilisant financièrement les citoyens, la tarification incitative crée un cercle vertueux : réduction des ordures ménagères résiduelles, augmentation du tri des emballages et optimisation des coûts de gestion des déchets. Les performances de tri 2024 en témoignent : les territoires ayant adopté ce système affichent des résultats supérieurs à l’année précédente. Dans le Gard Rhodanien, c’est une progression de 20% sur les emballages et papiers triés et collectés en un an. Dans l’Est, la Communauté d’Agglomération de Saint-Dié-des-Vosges (88) l’a généralisée à ses 60 000 habitants. Résultat : un doublement des tonnages collectés dans le bac jaune en un an.
L’optimisation des modes de collecte
Le principe est simple et efficace : collecter plus fréquemment le tri des emballages et papiers que les ordures ménagères, ce qui incite naturellement les citoyens à mieux trier. L’inversion des fréquences de collecte permet de modifier les comportements citoyens et d’améliorer les performances de tri tout en maîtrisant les coûts. Les résultats exceptionnels de la Loire (+29,6%), de la Savoie (+19,4%) et de l’Isère (+17,2%) confirment que l’ajustement des fréquences de collecte, associé à d’autres facteurs comme la modernisation des centres de tri et le développement de collectes spécifiques comme celle des cartons, crée des dynamiques de tri bénéfiques en faveur de la réduction des ordures ménagères et l’augmentation du recyclage.
Pour aller plus loin
Loi AGEC, du nouveau côté REP
La REP Emballages Professionnels entre en vigueur
Plusieurs mesures de la loi AGEC (2020), entreront en application en 2026 avec notamment la mise en place d’une nouvelle REP. Après celle consacrée aux Tissus Sanitaires à Usage Unique (TSSU), opérationnelle depuis juillet 2025 et portée par Citeo Soin & Hygiène, une filière dédiée aux emballages professionnels va voir le jour. Elle regroupe sous une catégorie unique tous les emballages professionnels incluant le périmètre actuel de la REP restauration. Si les textes réglementaires prévoient un lancement au 1er janvier 2026, son entrée en vigueur opérationnelle ainsi que le démarrage des obligations sont prévus au 1er juillet 2026. Citeo Pro va candidater à l’agrément pour cette nouvelle filière. Dans l’intervalle, il aide les acteurs à anticiper l’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions.
Une meilleure distinction entre emballages professionnels et ménagers
À compter de cette année, tous les emballages seront couverts par une REP. Si cette évolution n’est pas directement perceptible par les consommateurs, elle est décisive pour les metteurs en marché. Elle introduit une clarification des périmètres entre la REP Emballages Ménagers et Papiers Graphiques (EMPG) et la REP Emballages Professionnels, et fera entrer de nouveaux acteurs dans le champ de la REP, qui devront financer la fin de vie de leurs emballages professionnels et s’engager dans des actions 3R (Réduire, Réemployer, Recycler).
L’arrêté du 2 décembre 2025 relatif aux emballages de produits utilisés par les ménages et/ou les professionnels et relevant des 4° et 5° du III de l’article R. 543-43 du code de l’environnement précise quelques points. Certaines typologies d’emballages sont toutefois automatiquement considérées comme professionnelles, notamment les emballages de transport comme les palettes. Les emballages de vente sont eux considérés comme professionnels en fonction de leurs caractéristiques (format, volume). Par exemple : un liquide lave-vitres considéré comme un emballage professionnel si son conditionnement dépasse un certain seuil. Le principal point à retenir : pour opérer une distinction entre emballage professionnel et ménager, on ne regarde plus la destination de l’emballage ou du produit emballé.
La réduction, le réemploi et le recyclage toujours en action
En parallèle, 2026 s’inscrit dans une dynamique de continuité pour atteindre les objectifs fixés à horizon 2030 sur les 3 R :
Un nouveau décret 3R pour la période 2026-2030 pourrait être publié pour définir les prochaines étapes, après celui couvrant la période 2020-2025.
Le règlement européen PPWR, qui vise à harmoniser les dispositions 3R sur les emballages en Europe peut amener les pouvoirs publics français à faire évoluer les dispositions de la loi AGEC. 2026 sera une année charnière sur ces sujets, avec une décision française attendue.
PPWR, des évolutions issues de la réglementation européenne
La définition de producteur d’emballage change
L’entrée en vigueur du règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR) introduit une modification dans la définition du producteur d’emballage. Et ce dans toutes les REP.
Le PPWR confirme que les producteurs sont les fabricants d’emballages ou de produits emballés, les distributeurs et les importateurs. Il introduit cependant un changement important : le “fabricant” peut être à la fois celui qui fabrique ou la personne physique ou morale qui fait concevoir ou fabriquer (le donneur d’ordre). Désormais, les donneurs d’ordre sont systématiquement considérés comme les producteurs des produits qu’ils font fabriquer. Ils deviennent ainsi redevables de l’éco-contribution pour ces mêmes produits.
Cette évolution modifie l’application qui prévalait jusqu’à présent en droit français de la notion de donneur d’ordre, avec des conséquences notables pour les produits de marque distributeurs (MDD). Jusqu’ici, pour les MDD, c’était l’industriel fabricant qui déclarait. À compter de 2026, cette spécificité française disparaît, pour la REP EMPG.
Enfin, un changement intervient lorsque le metteur en marché est une micro-entreprise. Dans ce cas, par souci de simplicité, le déclarant est le fabricant d’emballages (sous réserve qu’il soit sur le même territoire).
Une responsabilité déterminée par les typologies d’emballages
Second changement notable : le responsable de la REP varie en fonction de la typologie d’emballages. Pour un emballage de service, de transport ou de production primaire, c’est le fabricant d’emballage qui est responsable de la REP (emballages ménagers et papiers ou professionnels). Pour les emballages de vente (bouteille…) l’industriel fabricant du produit emballé reste porteur de la responsabilité de la REP. Par exemple, pour des palettes, le fabricant de palette est responsable et non l’acteur économique qui utilise la palette pour ses activités. Pour une boisson, ce sera le producteur de la boisson mise sur le marché et non le fabricant d’emballage. À noter : des questions sont encore en cours pour cadrer clairement le périmètre de responsabilité des fabricants.
Si l’on se projette au-delà de 2026, le règlement PPWR comporte de nombreuses dispositions et porte des objectifs ambitieux pour l’économie circulaire à horizon 2030-2040 sur les 3R.
Les actions de Citeo en 2026 pour accompagner ces évolutions
Les équipes de Citeo assurent un suivi réglementaire en continu et à mener des entretiens réguliers avec les pouvoirs publics français et européens (Ministère de l’Environnement, Commission européenne notamment) afin de garantir une interprétation claire et précise des textes réglementaires. Elles poursuivront également leurs concertations avec les autres éco-organismes européens pour garantir une compréhension similaire et homogène des textes. De manière opérationnelle, le groupe Citeo accompagne déjà, par le biais de Citeo Pro, ses clients dans l’identification des industriels qui pourraient être concernés par la nouvelle définition de producteur.
Des emballages en PSE difficiles à collecter et à capter
Moins de 20% des emballages en PSE sont triés par les citoyens via le bac jaune, et ce malgré l’information largement diffusée de l’ouverture de la poubelle jaune à tous les emballages, dont tous les emballages en plastique. Un chiffre éloquent qui s’explique en partie par la grande taille des calages des appareils électroménagers (réfrigérateurs, lave-linge, TV…). Conséquences :
Une autre pratique rend difficile ce captage : les citoyens ne séparent pas systématiquement tous les éléments des emballages ou des colis qu’ils reçoivent. A l’arrivée au centre de tri, on trouve très fréquemment des grands calages en PSE imbriqués dans de grands cartons. Cela empêche la récupération et donc le recyclage à la fois des calages et des cartons.
Aussi, à l’issue du process de tri, le PSE est souvent dégradé et fragmenté et n’a pas d’exutoire en propre. Seules des solutions de recyclage en mélange avec d’autres emballages en polystyrène pourraient être envisagées mais, à date, les recycleurs n’acceptent le PSE que dans de très faibles proportions (< à 5%).
Une stratégie en quatre axes vers la réduction et la circularité
L’objectif est clair : permettre aux emballages en PSE d’être réellement recyclés et atteindre un taux de recyclage supérieur à 50% à moyen terme. Pour atteindre cet objectif, Citeo se dote d’un plan d’action qui associe réduction et éco-conception, ainsi que des dispositifs de collecte complémentaires au bac jaune pour permettre un recyclage du PSE dédié.
Réduction & écoconception des emballages. Les recherches portent sur l’amélioration de la recyclabilité des mousses plastiques, la réduction de la friabilité via le design et le développement d’alternatives, notamment dans les matériaux fibreux. Par exemple, les calages en cellulose moulée développés par AVEC ou des mousses à base de cellulose conçues par le Centre Technique du Papier, compatibles avec la filière des emballages papier-carton.

Les calages en cellulose moulée développés par AVEC
Les mousses à base de cellulose conçues par le Centre Technique du Papier

Déploiement de la collecte en déchetterie. Une solution adaptée aux grandes dimensions des emballages en PSE. Une expérimentation lancée depuis 2023 avec 13 collectivités montre des résultats encourageants : plus de 600 tonnes collectées sur 200 déchetteries. Environ 15% des déchetteries françaises sont déjà équipées pour collecter le PSE, un dispositif que Citeo appelle à se généraliser.
Reprise des emballages à la livraison. Ce système permet de collecter les calages en PSE directement lors de la livraison d’équipements aux consommateurs. Le tri à la source préserve la qualité de la matière et facilite son recyclage. L’étude pilote menée en 2024 avec les principaux distributeurs confirme la pertinence de cette approche qui pourra s’appuyer sur le déploiement de la REP emballages professionnels dès 2026.
Amélioration du captage en centre de tri. Les efforts pour l’amélioration globale des performances de captage en centre de tri se poursuivent même si les perspectives pour le PSE sont limitées. Pour les emballages en PSE qui sont captés, des échanges avec les recycleurs de PS sont en cours pour permettre leur recyclage effectif.
Développer le recyclage des emballages ménagers en PSE
Jean Hornain
Directeur Général de CITEO
À l’approche des élections municipales de 2026, un nouveau cap s’ouvre. L’urgence climatique se conjugue à des contraintes économiques importantes. Ce contexte de plus en plus exigeant nous invite à aller plus loin pour développer le réemploi, la collecte et le tri dans nos territoires. Vous, élus, futurs élus, avez le pouvoir de transformer la gestion des déchets en un outil de performance écologique, mais aussi financière et sociale. Les six propositions présentées dans ce document ont vocation à vous accompagner dans cette voie.
Collecte des déchets et réemploi : que pensent les Français ?
LES 6 PROPOSITIONS EN BREF
Adapter le service de collecte aux nouveaux usages
Dans un contexte où le service de gestion des déchets est devenu un outil majeur d’accélération de la transition environnementale, optimiser la collecte est essentiel. En ajustant sa fréquence selon les taux de remplissage réels et en dimensionnant correctement les bacs, nous permettons aux collectivités de réduire leurs coûts qui peuvent varier du simple au double. Le déploiement de points d’apport volontaire avec un maillage territorial cohérent répond particulièrement aux défis des zones touristiques, tandis que des solutions spécifiques pour les cartons du e-commerce (12 kg/habitant) valorisent cette ressource tout en simplifiant le geste de tri pour 80% des Français. Ces adaptations transforment la gestion des déchets en un véritable outil de performance écologique, financière et sociale pour les territoires.
Faciliter le tri en habitat collectif
La fracture urbain-rural dans le tri des déchets (76 kg contre 44 kg d’emballages triés par habitant) constitue un frein majeur à l’économie circulaire qui génère 800 000 emplois en France. Pour y remédier, nous proposons une approche collective mobilisant l’ensemble des parties prenantes : bailleurs, gardiens et associations locales. Les actions de sensibilisation ciblées, adaptées aux différents profils d’habitants, doivent s’accompagner de solutions de collecte de proximité compensant le manque d’espace de stockage dans 44% des logements. Cette stratégie collaborative renforce l’attractivité des communes en améliorant leurs images environnementales tout en contribuant à des économies locales plus résilientes, essentielles à la construction d’une souveraineté industrielle, sans répercuter les coûts sur les ménages.
Inciter au tri pour en faire un réflexe
Face au constat que près d’un quart des déchets ménagers résiduels est encore constitué d’emballages et papiers recyclables, la tarification incitative représente un levier stratégique de transformation. En intégrant une part variable dans la REOM ou la TEOM selon la quantité de déchets produits, ce système plébiscité par 77% des Français mais bénéficiant seulement à 7,7 millions d’habitants permet d’augmenter le tri de 40% et de réduire la facture des usagers. Cette approche favorise une meilleure maîtrise budgétaire en évitant le recours coûteux à l’incinération et au stockage, tout en générant des ressources liées à la revente des matières collectées. Complétée par des contrats à la performance avec les opérateurs, elle crée des partenariats gagnant-gagnant qui optimisent les coûts sur le long terme.
Trier partout pour une ville plus propre
La propreté urbaine, priorité pour 25% des citoyens dans leur choix électoral, constitue un enjeu majeur d’attractivité territoriale et de préservation environnementale. Le déploiement du tri dans l’espace public, actuellement limité à 25% du territoire, permet de capter les 70 000 tonnes d’emballages consommés hors domicile et de prévenir l’abandon quotidien de 6,4 millions d’emballages. L’installation de dispositifs adaptés (abris-bacs, équipements éphémères) s’inscrit dans une stratégie globale qui améliore significativement le cadre de vie des habitants. Cette approche structurée autour du diagnostic, de la prévention et du nettoiement réduit l’impact environnemental catastrophique des déchets abandonnés (80% des déchets marins proviennent de la terre) tout en limitant les coûts pour les collectivités.
Développer le réemploi local
Face à l’explosion des modes de consommation nomade, le réemploi s’impose comme une solution stratégique pour atteindre l’objectif de -15% d’emballages ménagers d’ici 2030 et 10% d’emballages réemployés en 2027. Son bilan environnemental devient favorable à partir de quatre utilisations pour un contenant en verre, offrant une alternative concrète aux emballages à usage unique. En soutenant le dispositif national expérimenté dans quatre régions touchant 16 millions de consommateurs et en créant des initiatives locales pour les restaurateurs, les collectivités deviennent motrices d’une économie circulaire territorialisée. L’exemplarité dans les services municipaux, conformément à la loi Égalim, favorise l’essor d’activités industrielles générant des emplois durables et non délocalisables, essentiels à la construction d’une souveraineté industrielle locale.
Former à l’éco-citoyenneté et mobiliser
La défiance persistante envers le système de tri (40% des Français pensent que les déchets triés sont mélangés après collecte) compromet l’efficacité de l’économie circulaire dont le citoyen reste le maillon clé. Pour restaurer cette confiance essentielle à la préservation de l’environnement, priorité pour les habitants à l’échelle locale, une stratégie d’information multicanale est nécessaire : clarification via divers supports, déploiement de campagnes locales avec l’appui des 3 600 ambassadeurs du tri financés par CITEO, et sensibilisation précoce dans les écoles. L’implication directe des habitants via des visites de centres de tri renforce leur compréhension du cycle des déchets, tandis que l’élargissement du message à de nouveaux écogestes crée une culture cohérente de l’économie circulaire, contribuant à réduire les pressions sur les ressources naturelles et le climat.
Pour aller plus loin
Nouveaux emballages plastiques : petits volumes, gros enjeux…
Depuis le 1er janvier 2023, 98 % des habitants en France métropolitaine n’ont plus de questions à se poser : et tous les emballages vont dans le bac de tri, y compris tous les emballages en plastique.
Collecter tous les emballages en plastique, c’est la condition sine qua non de leur recyclage. Une avancée qui pose toutefois un vrai défi en termes d’adaptation de l’outil industriel du tri et du recyclage en France !
Ces nouveaux emballages en plastique représentent une grande variété de résines qu’il est nécessaire de bien séparer les unes des autres avant de les envoyer au recyclage. Ces nouveaux flux d’emballages collectés représentent toutefois de petits volumes pour les 120 centres de tri en France. II n’est pas pertinent économiquement d’investir à l’échelle de chacun de ces centres de tri et de les doter tous d’installations technologiques capables d’assurer un tri supplémentaire plus fin que requièrent certains emballages.
D’où la solution impulsée par Citeo : la création de quelques centres chargés du « surtri » de certains emballages plastiques collectés sur le territoire français, appelé les centres de surtri !
Les emballages concernés par le surtri
En bref
CITEO a initié la création de centre de sutri capables d’assurer la séparation d’emballages en plastique nouvellement triés, en vue de leur recyclage.
Comment organiser le surtri en France ?
L’idée ? Regrouper tous ces nouveaux emballages collectés et les traiter dans quelques centres de surtri, comme celui de Bourgogne Recyclage, inauguré le 19 janvier 2024 à Ruffey-lès-Beaune (Côte d’Or). Mis en service en mai 2023 et financé par Citeo dans le cadre d’un appel d’offres dédié à la création de capacités de surtri, ce nouveau centre a nécessité un investissement de 20 millions d’euros. D’une surface de plus de 3 000 m2, il a une capacité de traitement de 30 000 tonnes d’emballages par an et 10 tonnes par heure et emploie une trentaine de salariés. Un second centre de surtri, basé à Epinal et opéré par Suez est en service depuis octobre 2023, un troisième à Mende opéré par Environnement Massif Central le sera courant 2025. Un 4e centre est prévu pour fin 2026 à Thiverval-Grignon et sera opéré par SEPUR. La capacité de sutri totale atteindra 100 000 t/an avec ces 4 centres de surtri.
Plongée dans un centre de surtri
La fonction du centre de surtri ? Séparer finement les emballages par typologie malgré leur variété (composition, forme, taille, couleur) pour faire en sorte d’arriver à une qualité de tri optimale en fin du process. Objectif : fournir aux usines de recyclage des balles de matériaux comportant le moins d’indésirables possibles (taux de pureté supérieur à 90% en fonction des matières).
En outre, le process a été conçu pour qu’aucun emballage n’échappe au tri. Sur le site de Ruffey-lès-Beaune, c’est possible de récupérer jusqu’aux emballages les plus petits grâce à 15 machines de tri optique ultra performantes et plusieurs étapes de contrôle !
Les étapes du surtri
Ruffey-les-Beaune : un site vertueux sur le plan environnemental et social
Au-delà de ses performances industrielles, le centre de surtri de Ruffey-les-Beaune se distingue également sur la plan environnemental et social. Les moteurs des machines de tri optique sont à basse consommation. Les calories produites par l’unité de production d’air comprimé sont récupérées pour chauffer la salle de tri et les technologies des sécheurs d’air permettent de consommer cinq fois moins d’électricité que les équipements habituels.
Enfin, un ergonome a participé à la configuration du site et des postes de travail pour optimiser les conditions de travail des équipes : sièges assis debout, position de tri avec goulottes inclinées à 45°, climatisation et ventilation, lumière naturelle, réduction du bruit…
Et demain ? 100 000 tonnes traitées par an dans 4 centres de surtri
Outre Ruffey-les-Beaune, Citeo finance la création de trois autres centres de surtri pour un investissement total à terme de 70 millions d’euros :
Dans le cas de Ruffey-les-Beaune et Épinal, le choix de Citeo a été de capitaliser sur des acteurs et des sites existants pour maintenir leur activité, leurs infrastructures, leurs emplois en se développant autour d’un nouveau projet industriel. Pour Mende et Thiverval-Grignon, il s’agit d’une construction pour étendre les sites d’activité, ce qui entraînera de nouvelles embauches. Au total, les quatre sites, dans lesquels Citeo investit directement 70 millions d’euros, pourront traiter 100 000 tonnes d’emballages plastiques par an.
En créant ainsi le maillon qui manquait jusqu’à maintenant dans la chaîne de recyclage, Citeo ouvre la voie à la possibilité d’augmenter le volume d’emballages recyclés, notamment via des nouvelles technologies de recyclage pour refaire des emballages à partir de ces matières d’emballages recyclées.


