Centre de tri

Centre de tri : écoconcevoir les emballages pour mieux les orienter vers leur filière de recyclage

Alors que 71% des Français estiment que les industriels doivent être les premiers à agir pour réduire les emballages, de nombreuses marques se tournent vers l’écoconception. L’objectif  ? Produire des emballages avec des impacts environnementaux réduits à leur minimum, en les rendant notamment recyclables. Mais comment garantir que ces emballages passent bien toutes les étapes du tri et recyclage ? Avec Géraldine Gauvin, Responsable accompagnement écoconception chez Citeo, zoom sur les étapes qui constituent le parcours de recyclage, et plus particulièrement sur le centre de tri, encore trop méconnu et pourtant essentiel pour une boucle circulaire des emballages et papiers.

Rencontre avec…

Gauvin Géraldine

Responsable accompagnement écoconception

Emballage recyclable : un parcours dont chaque étape est indispensable 

Quand on dit qu’un emballage est recyclable, c’est qu’il peut être : 

     1️⃣ collecté dans un bac de tri,  

     2️⃣ orienté dans un centre de tri vers sa filière de recyclage  

     3️⃣ y être recyclé sans perturber le procédé.  

C’est le passage de chacune de ces étapes, toutes indispensables, qui permet d’attester de la recyclabilité d’un emballage ou d’un papier.   

« On a aujourd’hui beaucoup de connaissances formalisées sur ce qui se passe chez les recycleurs et la compatibilité des composants d’un emballage avec sa filière de recyclage, grâce notamment aux comités techniques tels que le COTREP ou le CEREC. En revanche, l’étape en centre de tri est moins bien documentée compte tenu de la récente extension des consignes de tri, où tous les emballages peuvent être triés par le consommateur. Cette étape du centre de tri est aussi essentielle pour qu’un emballage soit effectivement considéré comme recyclable ! »  

Certains manchons sont équipés d’une prédécoupe permettant aux consommateurs de les séparer, mais force est de constater que ce geste n’est pas fait systématiquement.  Il est ainsi possible d’agir sur la conception de l’emballage, en mettant en place une prédécoupe qui permettra la séparation automatique los de la collecte ou de l’étape de tri.   

L’objectif est dans ce cas de faire en sorte que la prédécoupe permette une séparation systématique dans le camion de collecte ou en centre de tri. Des travaux de R&D sont en cours pour avancer sur ces leviers et valider cette piste.   

Les principales préconisations pour faciliter le passage en centre de tri sont les mêmes que celles de l’écoconception au global : 

  • Privilégier le monomatériau ; 
  • Ou a minima une conception qui facilite la séparation systématique et automatique des éléments (et matériaux) si ces derniers ne sont pas compatibles au tri et au recyclage.  

D’autres perturbateurs de tri sont déjà bien connus et doivent être éliminés, comme les colorants sombres à base de noir de carbone pour les emballages en plastique, ou sont à l’étude, comme les effets métallisés sur les emballages en plastique et en carton.  

« Ces leviers d’écoconception sont propres à la fin de vie de l’emballage :   le premier axe pour écoconçevoir reste bien sûr de questionner les fonctionnalités de l’emballage, de le supprimer s’il n’est pas nécessaire ou de le réduire. » 

Un défi collectif 

La garantie d’un parcours de tri industriel et de recyclage serait-elle la seule responsabilité des metteurs en marché ? L’experte en éco-conception précise l’importance d’une mobilisation de tous les acteurs : 

« De plus en plus d’entreprises se posent des questions sur le tri en centre de tri et c’est très bien ! D’autres acteurs en aval se mobilisent aussi pour faire avancer le sujet. Par exemple, nous avons (co)-créé un comité dédié, le COCET, qui permet d’éclairer le comportement d’emballages types en centre de tri, composé d’opérateurs de tri et de fabricants de tri optique. Son objectif sera d’émettre des avis, à l’image des autres comités matériaux. Nous sommes en train de travailler sur le premier : l’impact des effets métallisés sur la détection optique. Nous étudions aussi d’autres thématiques comme l’impact d’éléments en aluminium sur des emballages fibreux ou en plastique ou encore l’orientation des emballages en carton, associé à d’autres matériaux (lamination plastique, vernis etc). D’autres acteurs travaillent à développer de nouvelles technologies de tri industriel afin d’améliorer toujours plus la qualité des matériaux. C’est notamment le cas du projet Holygrail 2.0 pour améliorer l’identification des emballages et leur orientation vers les bons flux de recyclage. En amont évidemment, les collectivités et Citeo se mobilisent pour systématiser le premier pré-requis de ce parcours : le geste de tri ! » 

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